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Georges Louis LEDOUX (1893-1914) tué a l'ennemi !
Soldat de 2ème classe au 132ème Régiment d'Infanterie
Son carnet de guerre 1914, ses correspondances, ses "Frères" de guerre


Carnet et correspondances entretenus du 25 août 1914 au 26 novembre 1914 à la veille d’être tué à l’ennemi.

Georges a participé en Septembre 1914 aux combats de la première bataille de la Marne

Vaste théâtre d'opérations s'étendant sur environ trois cents kilomètres, la première bataille de la Marne permit de rétablir une situation militaire gravement compromise.

Lieu de combats acharnés, elle ouvrit la guerre totale et industrielle que fut le conflit de 1914-1918.


Sommaire


Georges Louis LEDOUX

Voir sa fiche individuelle généalogique

Sa fiche de décès
Portrait de Georges Louis LEDOUX

Né le 2 juillet 1893 à MONTAIGU (AISNE)

Grand oncle de Viviane petite fille de Albert Achille LEDOUX


De la classe 1913 / Matricule 154 au recrutement de LAON (AISNE) / Matricule 8377 au 132ème Régiment d’Infanterie / Garnison REIMS / 6ème corps / 12ème division / 24ème brigade / 2ème compagnie / Armée de CHALONS EN CAMPAGNE


Tué à l’ennemi le 28 novembre 1914 à MESNIL SOUS LES CÔTES (MEUSE) hameau de la commune de BONZEE

Inhumé au cimetière de SAINT ERME (AISNE)

Sa sépulture
 

DECORATION

Décoré de la Croix de Guerre avec Palme de Bronze par décret du 24 mars 1920 publié au journal officiel du 8 avril 1920

 

Courrier d'attribution de la médaille militaire

 

Médaille militaire   

MONUMENT AUX MORTS DE St ERME

Georges Louis LEDOUX est honoré sur le monument aux morts de SAINT ERME (AISNE)

Monument aux morts de St Erme   Monument aux morts de St Erme (détail des inscriptions)

Soldats et victimes de guerre honorés sur le monument aux morts de SAINT ERME (AISNE)

Des informations peuvent être données sur le décès du soldat par le lien sur son nom

Monument aux morts de SAINT ERME
AMBOISE Victor 1914-1918  
ANDRE Georges 1914-1918  
BARBIER Paul 1914-1918  
BEZOTEAUX Fernand (Joseph ?) 1914-1918  
BISSEUX Charles 1914-1918  
BONNE Eugéne 1914-1918  
BRAZIER Léon 1914-1918  
BREBANT Charles 1914-1918 Victime civile
CATILLON Camille 1914-1918  
CENS Ernest 1914-1918  
CENS Alcide 1914-1918  
CENS Jules 1914-1918  
CENS André 1939-1945  
CENS Ernest Indochine  
CHARPENTIER Louis 1914-1918  
COUTANT Gabriel 1914-1918  
CUPERLY René Indochine  
DUSSART Albert 1914-1918  
EVRARD Edouard 1914-1918  
GOZE Rémi (René ?) 1914-1918  
GUYENNE Georges 1914-1918  
HANON Ulysse 1914-1918  
HENCELLE Justin 1914-1918  
HUET Louis 1914-1918  
LAHAIE Louis 1914-1918  
LAMBERT Emile 1914-1918 Victime civile
LANGE Emile 1914-1918  
LEDOUX Georges 1914-1918  
MARGUERITE André Indochine  
MENNESSON Rémi 1914-1918 Victime civile
MENNESSON Marcel 1914-1918 Victime civile
MERCIER Alcindor 1914-1918  
OLIVIER Charles 1914-1918  
PARRUITTE Raymond 1914-1918  
PAYEN René 1914-1918  
PAYEN Emile 1939-1945  
PIERRARD Jean 1939-1945  
PRETROT Léon 1914-1918  
PRETROT Clotaire 1914-1918  
PREVOT Eugéne 1914-1918  
PROUVAY Marcel 1914-1918  
REMY André 1914-1918  
REMY Robert 1914-1918 Victime civile
SANTUS André 1914-1918  
VENANT Maurice 1914-1918  
YASINSHY Jules 1914-1918  

CARNET DE GUERRE

Transcription - Voir l'original

Guerre européenne et campagne de 1914 commencée le 6 août 1914
Nombre de combats aux quels le 132ème régiment d’infanterie a eu l’honneur d’y prendre part

1er combat DAUCOURT

2ème combat à ARRANCY SUR CRUSNES

3ème combat à SEPTSARGES ou DANNEVOUX

4ème combat a PRETZ EN ARGONNE

5èmecombat à ERIZE LA GRANDE

6ème combat à BEAUMONT EN VERDUNOIS ou FLABAS

7ème combat à VAUX LES PALAMEIX

1er DAUCOURT 2ème ARANCY 3ème SEPTSARGES ou DANNEVOUX 4ème PRETZ EN ARGONNE 5ème ERIZE LA GRANDE 6ème FLABAS ou BEAUMONT EN VERDUNOIS 7ème VAUX LES PALAMEIX

Partis de REIMS le 25 (NDR : août) au soir, arrivés le 26 en gare de BLERCOURT, gare avant VERDUN. Partis le 26 pour BETHELAINVILLE où nous avons bivouaqué.

Partis le lendemain 27 pour SEPTSARGES, marche de 25 kilomètres où nous avons rejoint le 132ème qui était replié pour se reformer avec son dépôt.

Le 28 repos à SEPTSARGES. Le 29 repos à idem. Le 30 repos à idem. Le 31 repos à SEPTSARGES. Le 1er septembre 3ème combat où le 132ème s’est replié en raison du nombre que l’ennemi lui opposait.

Le 2 septembre repos entre SEPTSARGES et MONTFAUCON D’ARGONNE.

Le 2 septembre départ de cette position où nous avons passé la nuit un peu en arrière de MONTFAUCON D’ARGONNE.

Le 3 marche de déplacement de 20 à 22 kilomètres où nous avons pris les avants postes un peu au dessus de RECICOURT.

Le 4 départ où nous sommes allés coucher à BULAINVILLE.

Le 5 départ de BULAINVILLE pour CONDE EN BARROIS à 15 kilomètres de BAR LE DUC marche environ 17 kilomètres.

Le soir départ de CONDE à 10h du soir où nous avons fait 23 kilomètres pour nous préparer au combat dans PRETZ EN ARGONNE

Le 6 combat de PRETZ EN ARGONNE où nous avons été obligès de nous replier en raison de leur supériorité en artillerie, dans ce combat nous avons chargé à la baïonnette dans PRETZ EN ARGONNE où on croyait que l’ennemi s'y trouvait.

Le 7 départ de cette position pour aller se placer à gauche d’ERIZE LA GRANDE, l‘après midi déplacement pour aller bivouaquer à droite de REMBERCOURT AUX POTS.

Du 7 au 10 septembre repos aux alentours ERIZE LA PETITE et ERIZE LA GRANDE.

Le 10 à 1h du matin, après 3 jours de bivouac, nous sommes partis par la pluie battante à la rencontre de l’adversaire où le matin de bonne heure nous avons fait un combat à la ferme de la VAUX-MARIE, patrouille allemande prisonnière et dans la matinée où le combat s’est engagé et où nous nous sommes retirés faute de munition sans cela nous arrivions à résister certainement.

Le soir du 11 nous avons bivouaqué. Du 11 au 12 bivouac. Du 12 au 13 départ du bivouac pour aller cantonner à ROSNES à 1 kilomètre ERISES LA PETITE.

Le 14 départ de ROSNES pour aller cantonner à SAINT ANDRE EN BARROIS où notre compagnie a pris les avants postes après avoir fait 25 kilomètres.

Le 15 départ pour FREMEREVILLE LES VALLONS après une marche de 20 kilomètres sous la pluie battante où nous avons cantonner.

Le 16 départ de FREMEREVILLE LES VALLONS pour BEAUMONT EN VERDUNOIS. Nous sommes passés à 4 kilomètres de VERDUN. Le 16 au soir cantonnement à BEAUMONT EN VERDUNOIS.

Le 17 départ de BEAUMONT EN VERDUNOIS où nous sommes allés bivouaquer à côté de DAMVILLERS et où le matin nous avons été obligés de nous retirer car la crête où nous nous trouvions avait été repairée et où nous avons été obligés de nous retirer sous le feu de leur artillerie.

Le 18 au soir nous sommes allés cantonner à BEAUMONT EN VERDUNOIS.

Le lendemain 19 septembre le bataillon était de réserve de la division alors nous avons couché a BEAUMONT EN VERDUNOIS.

Le 20 septembre départ de BEAUMONT EN VERDUNOIS pour DUAUCOURT où nous avons cantonné.

Le 21 septembre départ de DUAUCOURT pour BRAQUIS où nous avons pris les avants postes sous une pluie continuelle.

Le 22 départ de BRAQUIS pour RUPT EN WOËVRE où nous avons fait une marche de 35 kilomètres, partis a 9h1/2 du soir arrivés a RUPT EN WOËVRE à 6h1/2 du matin.

Le 23 repos A RUPT EN WOËVRE. Le 24 repos. Le 25 repos a RUPT EN WOËVRE.

Le 26 septembre départ de RUPT EN WOËVRE pour aller bivouaquer à 4 kilomètres de VAUX LES PALAMEIX.

Le 27 départ de cette position pour aller faire l’attaque au dessus de VAUX LES PALAMEIX et où nous avons un peu reculé car notre artillerie ne nous soutenait pas ou n’était pas arrivée et que la leur nous mitraillait à merveille.

Le 27 nous avons pris les avants postes dans le bois entre VAUX LES PALAMEIX et MOUILLY.

Le 28 après midi nous avons été relevés par le 54ème d’infanterie et où nous sommes allés bivouaquer dans une pâture de la ferme d’AMBLONVILLE à 2 kilomètres de MOUILLY.

Le 29 départ du bivouac pour aller faire des tranchées au dessus de MOUILLY, le soir même bivouac.

Le 1er octobre départ de ces tranchées pour aller occuper les mêmes emplacements dans les bois au dessus de MOUILLY et nous avons couché dans les tranchées a un kilomètre de l’ennemi.

Le 2 octobre nous avons occupé les mêmes positions que le 1er octobre, nous avons pris les avants postes à 500 mètres de l’ennemi, pas de combats si ce n’est que nous avons eu quelques escarmouches entre patrouilles.

Le 3 octobre nous avons été remplacés des avants postes à midi par le 106ème infanterie et nous sommes allés nous reposer dans les bois a 1 kilomètre de MOUILLY en attendant la nuit. Le soir nous avons quitté ce bois pour aller cantonner a MOUILLY.

Le 4 octobre départ de MOUILLY pour aller reprendre les mêmes positions que la veille à un kilomètre de MOUILLY dans le même bois où nous avons reçu quelques coups de canon. Le soir à 5h1/4 départ de ce bois pour aller cantonner a MOUILLY, 2 journées de repos et on s’est très bien reposé après 8 jours de bivouac.

Le 5 nous avons repris la même position dans les bois et l’après midi nous avons quitté le bois pour aller occuper des tranchées un peu au dessus de MOUILLY. Le soir nous avons quitté ces tranchées pour aller soit disant cantonner dans la ferme d’AMBLONVILLE et 2 heures après être arrivés à cette ferme, il y a eu contre ordre et nous sommes allés coucher dans les tranchées que l’on occupait dans la journée, au cours de cette journée nous avons été un peu sous le feu de l’artillerie.

Le 6 octobre nous avons occupé ces tranchées pendant toute la journée et nous n’avons reçu que quelques obus et le soir nous nous sommes couchés dans les tranchées où nous avons souffert de la gelée car il faisait un froid terrible.

Le 7 octobre nous avons encore occupé ces tranchées jusqu'à 1 heure de l’après midi et après nous allons occuper des tranchées a 500 mètres au dessus de la ferme d’AMBLONVILLE. Le soir a ????? h1/2 départ de ces tranchées pour aller cantonner à RUPT EN WOËVRE. En quittant ces tranchées l'on nous a fait faire du maniement d’armes et rentrer au pas cadencé à RUPT EN WOËVRE, ce soir là nous avons couché dans une grange et où j’étais bien malade.

Le 8 octobre nous avons passé toute la journée dans cette grange. Dans la journée à signaler 7 ou 8 obus qui sont tombés dans le patelin. Le 8 j’étais bien malade et pas reconnu, le soir on a encore couché dans la même grange.

Le 9 octobre malade et j’ai été reconnu comme étant exempt de marche, alors j’ai été mis avec les éclopés, à ce jour il y avait exactement 5 jours que je n’avais pas mangé une croûte de pain et en plus pas de médicament pour me guérir, c’est honteux, il y avait aux moins 150 malades au bataillon quant à ma compagnie ils sont partis coucher dans les tranchées dans le bois que démontre plus loin. Ce soir là nous sommes allés coucher moi et tous les éclopés à MOUILLY.

Le 10 octobre j’ai été pour passer la visite et j’ai été vidé, alors l’après midi j’ai rejoint ma compagnie qui occupait des tranchées depuis la veille dans un bois entre MOUILLY et VAULX LES PALANEIX, à 200 mètres de l’infanterie allemande. Le soir dans la nuit du 10 au 11 octobre nous avons eu une petite escarmouche à 9 heures mais sans résultat car nous n’avons pas bougé des tranchées ni l’un ni l’autre.

Le 11 octobre, dimanche, nous avons été canardés par l’artillerie. Le soir nous sommes encore restés dans ces tranchées car on y était pour 4 jours.

Le 12 octobre nous sommes restés encore toute la journée dans ces tranchées toujours à 400 mètres de l’ennemi. Cette journée s’est passée assez tranquillement, quelques coups de feu échangés entre sentinelles, en un mot rien de grave. Le soir mon escouade a pris le petit poste à 100 mètres en avant de la section et le reste est resté dans la tranchée en arrière où elle a passé la nuit, quant à nous nous avons pris le petit poste pour 24 heures de 4h à 6h le lendemain.

Le 13 octobre nous avons passé toute la journée dans les tranchées, car nous n’avons été relevés de ces tranchées que le soir à 6 heures, nous avons été relevés par le 54ème d’infanterie et de là nous sommes allés a RUPT EN WOËVRE juste pour la nuit car le lendemain on est parti.

Le 14 octobre réveil à 5h1/2 du matin et à 6 heures nous avons assisté à la dégradation de 2 soldats pour abandon de poste devant l’ennemi et ils ont été condamnés à 5 ans de détention. De là nous sommes allés ????? devant cantonner à MESNIL SOUS LES COTES et au lieu de cantonner nous avons remplacé le 301ème qui occupait des tranchées depuis 5 jours à 100 mètres du village de TRESAUVAUX. Pour arriver à ces tranchées il a fallu que nous traversions une petite plaine 6 hommes par 6 car on été visés par l’artillerie allemande et il fallait faire au moins 800 mètres pour gagner TRESAUVAUX, au cours de ces 800 mètres nous avons reçu quelques obus mais pas de blessé. Le soir nous avons bivouaqué dans ces tranchées à 10 mètres de TRESAUVAUX.

Le 15 octobre nous avons passé toute la journée dans ces tranchées et où nous avons été tranquilles car on n'était pas en première ligne. Le 15 au soir on devait être relevés et à cause que l’on s’était montré l’on est resté et l’on a passé la nuit dans ces tranchées pour la 2ème nuit ????? tranchées et toujours aussi tranquille le soir nous avons encore couché dans les mêmes tranchées pour la 3ème nuit.

Le 17 octobre nous avons été relevés des tranchées par le 3ème bataillon du 132ème et nous sommes allés cantonner à MESNIL SOUS LES COTES.

Le 18 octobre 2ème journée de cantonnement à MESNIL SOUS LES COTES.

Le 19 octobre 3ème journée de cantonnement à MESNIL SOUS LES COTES. Au cours du 18 et du 19 on nous a fait faire l’exercice comme à la caserne.

Le 20 octobre nous sommes partis à 3h1/2 de matin de MESNIL SOUS LES COTES et nous sommes allés faire des tranchées à 50 mètres de TRESAUVAUX. Le soir nous avons rentré à TRESAUVAUX où nous avons couché dans une grange et on était très bien car on avait du foin en abondance, mais ce qui y avait de plus embêtant c’est que l’on était pas tranquille car l’artillerie allemande bombardait les abords du pays à chaque instant.

Le 21 octobre réveil à 5h1/2 du matin et nous sommes partis continuer les tranchées que l’on avait commencées la veille. Maintenant ces tranchées étaient non pas des tranchées pour tirer mais des tranchées maisons préparées pour la compagne hiver. Au cours du 21 rien à signaler si ce n’est que nous avons reçu 78 obus au cours de la journée. Le soir rentrésà la grange pour la 2ème journée et la nuit a été à peu près aussi calme que la veille.

Le 22 réveil à 5h1/2 comme la veille et toujours aux tranchées àles creuser car il faut que ces tranchées eut 20 mètres de long 2 mètres de large et 4 mètres de profondeur maintenant à 2 mètres de ????? parapet en dessus en guise de toit de un mètre d’épaisseur. Au cours de l’après midi du 22 nous sommes restés dans la tranchée car les obus arrivaient tout près du patelin et le soir nous sommes couchés à TRESEAUVAUX.

Le 23 octobre réveil à 4h du matin pour aller nous reposer à MESNIL SOUS LES CÖTES pour 3 jours. En arrivant au cantonnement ma section a pris la garde aux postes de police pendant que les 3 autres sections se reposaient.

Le 24 octobre nous avons été relevés de la garde à 7 heures du matin, ce jour là j’ai fait la vendange à MESNIL SOUS LES CÖTES et après exercices de 8h à 9h1/2 et le restant de l’après midi a été occupé au lavage.

Le 25 octobre ????? troisième journée de repos, nous n’avons pas été à l’ennemi car c’était dimanche et il y a eu messe militaire à 9h1/2. L’après midi nous avons été obligés de descendre dans les caves car il bombardait le patelin et il nous on fait plusieurs blessés et où nous n’avons sorti de ces caves qu’à la tombée de la nuit. Avous dire que les habitants étaient avec nous dans leurs caves. Le soir nous avons encore couché à MESNIL pour la 3ème journée.

Le 26 octobre réveil à 3h du matin pour aller à TRESAUVAUX continuer nos tranchées maisons et le soir nous sommes allés coucher à TRESAUVAUX comme les autres jours.

Le 27octobre comme le 26 même boulot mais réveil à 6h du matin.

Le 28 octobre comme le 27 mais le soir à 6 heures nous sommes allés occuper des tranchées à 200 mètres de l’ennemi au dessus de TRESAUVAUX car les Allemands nous ayant pris une tranchée il fallait la reprendre a tout prix. A vous dire que notre compagnie renforcait la 6ème compagnie qui avait abandonné la tranchée ????? A vous dire que notre compagnie était de renfort car la 6ème compagnie ayant abandonnée une tranchée il fallait la reprendre à tout prix, alors nous avons attaquéà la baïonnette mais cette attaque n’a pas réussi et le reste de nuit s’est passé sous une fusillade complète.

Alors le 29 à 4h du matin nous avons recommencé l’attaque de la veille mais cette fois avec succès car nous avons réussi cette fois à déloger l’ennemi de cette tranchée. A noter que l’ennemi n’est parti de cette tranchée que quand nous sommes arrivés à 15 mètres de la tranchée et il nous ont accueilli par une vive fusillade et même il y a eu des brutes qui ont frappé à coups de crosse de fusil. Dans cette attaque nous avons eu la 1ère et la 2ème section de la 2ème compagnie qui ont participé à l’attaque et qui ont eu de nombreux morts et blessés. Maintenant, pendant et après cette attaque nous avons resté 2 jours sans pain ni douceur car il était impossible de nous en apporter.

le 30 octobre nous avons passé toute la journée dans ces tranchées et dans la nuit à 4h du matin nous avons été relevés par le 3ème bataillon de 132ème, de là nous sommes partis pour 3 jours encore dans des tranchées mais de repos et de ? tranchée de CALOGNE.

Alors le 31 octobre repos et le 1er novembre jour de la Toussaint la messe des morts a été célébrée par un prêtre infirmier dans les bois près des tranchées et beaucoup de soldats pleuraient

Le 2 novembre à 1h du matin nous sommes partis pour TRESAUVAUX et en arrivant ma section qui est la 3ème à pris la garde de police pour 24 heures. Maintenant je vous dirai que nous étions tous mouillés car au cours de la marche nous avons été accompagnés par la pluie.

le 3 novembre nous avons été relevés du poste de police à 7h du matin et de là nous sommes allés nous reposer dans une grange de TRESAUVAUX sur la route de FRESNES EN WOËVRE et là nous avons pris les ????? .

Le 4 novembre repos toute la journée.

Le 5 novembre à 1h1/2 du matin notre compagnie était de renfort et nous sommes montés pour 6 jours dans le bois à 100 mètres de l’ennemi. A noter que pendant ces 6 jours on a été 3 jours en 2ème ligne.

Le 5 le 6 et le 7 novembre et 8.9.10 novembre en première ligne au cours de ces 6 jours rien à signaler si ce n’est que quelques escarmouches d’un côté comme de l’autre.

Le 11 novembre à 3 heures du matin nous avons été relevés par le 2ème bataillon du 132ème et nous sommes partis nous reposer pour 3 jours à MESNIL SOUS LES COTES du 11 au 13 novembre et le 14 à 1h du matin nous sommes remontés dans le bois pour 3 jours. Nous avons souffert de l’eau et de la gelée car il faisait un froid terrible.

Le 17 à 4 du matin nous avons été remplacés dans le bois par le 3ème bataillon et nous sommes partis nous reposer à MESNIL SOUS LES COTES encore pour 3 jours du 17 au 19 novembre et le 20 novembre à minuit nous sommes pour 3 jours à TRESAUVAUX car on était 3 jours en 1ère ligne et 3 jours en réserve. Maintenant à TRESAUVAUX le jour on était dans les tranchées à faire du feu et le soir on couchait dans les granges on y est resté du 20 au 22 novembre et le 23 on est parti remplacer le 2ème bataillon du 132ème qui lui était là depuis 3 jours. Quant à nous on y restait 3 jours aussi du 22 au 25 novembre, pendant ces trois jours pas grand-chose à signaler si ce n'est que la mitrailleuse qui n’a pas cessée de nous mitrailler mais nous n’avons pas eu de blessé car on était caché dans la tranchée. A vous dire que quelques fusils qui étaient sur le bord de la tranchée ont été brisés mais pas de blessé Maintenant nous sommes au cours de ces 3 jours on a eu horriblement froid car le 25 novembre jour de la sainte Catherine la neige s’est mise à tomber pour le 1er jour.

Le 26 novembre on a été relevé par le 3ème bataillon et nous sommes partis nous reposer 3 jours à MESNIL SOUS LES COTES du 26 au 29 novembre.

CORRESPONDANCES

Lettre du Curé** de St Erme adressée à Georges le 1er octobre 1913

Voir l'original

Cette lettre semble être consécutive à un bon résultat de Georges lors de sa préparation militaire. Mr le Curé l'encourage à obtenir un bon classement afin qu'il puisse choisir une affectation militaire, lui permettant d'être intervenant dans l'association la "Ste Ermoise"

** Monsieur l'Abbé NOIRET, curé de St Erme de 1908 à 1951, décédé trés âgé à AULNOIS SOUS LAON (Aisne)

Lettre du 14 septembre 1914

Transcription - Voir l'original

Lundi Le 14-9-1914

Chers parents.

Je vous écris ces quelques mots pour vous donner de mes nouvelles et pour avoir des vôtres.

Je suis en bonne santé pour le moment et je crois que ma lettre vous trouvera de même à son arrivée à St ERME.

Pour le moment je me porte très bien et tout va bien mais ce qui m’embête le plus c'est que voila 4 semaines que je vous ai écrit et je n'ai pas encore de vos nouvelles.

Je vous dirai que ????? 5 lettres que je vous écris, mais je sais bien que les lettres ont beaucoup de retard en ce moment, quant à mon adresse c'est toujours comme auparavant à la 2ème compagnie.

Maintenant je ne vois plus grand-chose à vous dire pour le moment si ce n’est que je souhaite que ç'à se termine le plus tôt possible et que j’aille vous embrasser tous de bon cœur.

Maintenant je veux que vous souhaitiez le bonjour à Monsieur le Curé, à Madame CAILLEAUX, à Emilia à Elene, à Monsieur EMILE et à sa femme et aux voisins.

Maintenant je ne vois plus rien à vous dire pour le moment si ce n’est que je termine ma lettre en vous embrassant tous.

Votre fils qui vous aime pour toujours et qui pense à vous.

Louis LEDOUX

Bonjour à mes frères et sœur et au petit Charles et au plaisir de se revoir.

J’ai écris à Charlotte aussi il y a 8 jours.

Votre Fils L LEDOUX

Je vous dirai que j’ai revu tous les copains du régiment.

Lettre du 24 septembre 1914

Transcription - Voir l'original

Jeudi Le 24 Septembre 1914

Chers Parents

Je vous écris cette lettre pour vous faire savoir que je suis en bonne santé et je crois que cette lettre vous trouvera de même à son arrivée à St ERME.

Pour le moment je me porte toujours très bien et j’espère que vous vous portez de même pour le moment. Je vous dirai que la situation est très bonne.

Maintenant je commence à m’ennuyer de ne pas avoir de vos nouvelles car voila près de 40 jours que je suis parti et je vous ai déjà écrit 5 ou 6 fois et pas de vos nouvelles.

Pour moi vous ne faites pas bien mon adresse et toujours comme auparavant à la 2ème compagnie, car j’ai rejoint mon régiment 9 jours après le 25 août je vous dirai que j’ai été très content de retrouver les copains ainsi que mon copain ROUILLON de CHERMIZY.

Maintenant ce que je voudrais c’est que ç’a se termine le plus tôt possible pour aller vous embrasser tous car je commence à m’ennuyer après vous.

Maintenant je ne vois plus grand-chose à vous dire pour le moment si ce n’est que je termine ma lettre en vous embrassant tous ainsi que mes frères et sœur.

J’espère que vous avez sans doute des nouvelles de Jules, quand vous lui écrirez souhaitez lui le bonjour de ma part.

Maintenant vous souhaiterez le bonjour à Monsieur le Curé ainsi qu’à Madame CAILLEAUX, à tous les voisins de la cour ainsi qu’à Monsieur EMILE et à sa femme.

Bonjour à Monsieur MARTIN et à sa femme et embrassez le petit Charles pour moi.

Maintenant je termine en attendant le plaisir d’avoir de vos nouvelles. Je vous embrasse tous, votre fils qui vous aime pour la vie.

Louis LEDOUX

Hier j’ai vu Maurice LENOIR,il est au 25ème d’artillerie à CHALONS, je l’ai rencontré sur mon passage.

Lettre du ?? septembre 1914

Transcrition - Voir l'original

Le ?? septembre 1914

Je vous écris cette petite lettre pour vous faire savoir que je suis en bonne santé pour le moment et je crois que ma lettre vous trouvera de même à son arrivée à SAINT ERME.

Pour le moment je vous dirai que tout va bien et que je me porte très bien mais ce qui m’ennuie le plus c’est que je n’ai pas encore de vos nouvelles car voilà déjà près de 5 semaines que je suis parti du patelin. Mais j’espère que vous m’avez déjà écrit et que vos lettres ont eu du retard quant à moi voilà déjà 6 lettres que je vous écris et pas de nouvelles mais c’est sans doute pareil.

Maintenant je vous dirai que Anatole DIDIER est blessé à la cuisse, Ernest CENS au bras, Fernand EVRARD à la poitrine, Marcel doit être blessé aussi quant à Raymond PARRUITTE il n’est pas blessé.

NDR : l'absence de la date du jour semble indiquer que cette lettre n'a pas été terminée ni envoyée

Carte en franchise du samedi 3 octobre 1914

Transcription - Voir l'original

Samedi Le 3 octobre 1914

Des nouvelles du patelin c’a me fera plaisir

Chers Parents

Je vous envoie cette carte pour vous faire savoir que je suis en bonne santé pour le moment et je crois que ma carte vous trouvera de même à son arrivée à SAINT ERME.

Je vous dirai que pour le moment je me porte très bien et que ma santé est très bonne et je souhaite que vous vous trouviez de même.

Maintenant je ne vois plus grand-chose à vous dire pour le moment si ce n’est que je termine ma carte en vous embrassant tous de tout et en attendant le plaisir de se voir.

Tachez de me donner de vos nouvelles car je n’ai pas encore reçu aucune lettre de vous. Maintenant mon adresse est sur la carte.

Maintenant je termine en vous embrassant tous ainsi que mes frères et sœurs et bonjour à Monsieur le Curé et à Madame CAILLEAUX aux beaux parents de Charlotte et aux voisins.

Maintenant je termine en vous embrassant tous.

Votre fils qui vous aime et qui pense à vous

Louis LEDOUX

Au plaisir de vous voir

Carte en franchise du jeudi 8 octobre 1914

Transcription - Voir l'original

Vous me mettrez des feuilles à ????? dans une lettre y a qu’à relever le carton et mettre les feuilles dans une enveloppe

Jeudi Le 8 octobre 1914

Vous me direz si vous avez des nouvelles de mon frère Charles car j’ai vu le 5ème bataillon et je ne l’ai pas vu.

Chers Parents

Je vous écris cette petite carte pour vous donner de mes nouvelles et pour en avoir des vôtres.

Je suis en bonne santé pour le moment et je crois que ma carte vous trouvera de même à son arrivée à St ERME

Pour le moment je vous dirai que je me porte très bien et je souhaite que vous vous trouviez de même quant à vos nouvelles je n’en ai pas encore recues depuis que je suis parti du patelin.

Quantà moi voila au moins déjà 10 fois que je vous écris et pas de réponse

Mais je crois que c’est l’adresse que vous ne faites pas bien sans cela ca arriverait Faites l’adresse comme celle de la carte et ça arrivera

Maintenant je ne vois plus grand-chose à vous dire pour le moment si ce n’est que quand vous m’écrirez vous me mettrez 2 ou 3 feuilles de papier à lettres et enveloppes car on en trouve pas du tout dans les pays ou nous sommes

Maintenant je termine ma carte en vous priant de m’écrire le plus tôt possible car je m’ennuie de ne pas avoir de vos nouvelles car on ne sait pas si vous êtes malade oui ou non et puis ca désennuie des nouvelles

Maintenant je ferme ma carte en vous embrassant tous et en attendant le plaisir de vous voir je vous embrasse

Louis votre fils qui vous aime et qui pense à vous

Louis LEDOUX

Bonjour à Monsieur le Curé et à Madame CAILLEAUX à Monsieur EMILE et à sa femme et à Jules à mes frères et soeur.

Carte en franchise du 23 octobre 1914

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Carte en franchise du 31 octobre 1914

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Carte en franchise du 18 novembre 1914

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Carte postale de Septsarges (Meuse) du ?? ?? 1914

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Correspondance du 13-09-1920 de Léon LEDOUX, frère de Georges, à Monsieur RUET photographe

Georges Louis LEDOUX au centre avec ses copains

Transcription - Voir l'original

CORBENY le 13 septembre 1920

Monsieur RUET,

Je vous envoie cette photographie pour vous demander si vous pouvez me la reproduire en grand avec un bel encadrement.

Le garçon que je voudrais faire reproduire se trouve au milieu, c'est mon frère qui a été tué à la guerre.

Mais si il y a moyen habillez le en soldat avec son fusil comme si il était au garde à vous et son régiment était le 132ème d'infanterie à REIMS.

Dans l'espoir d'avoir de vos nouvelles pour savoir si vous pouvez me faire ce que je vous demande.

Recevez Monsieur

LEDOUX Léon briquetier à CORBENY (Aisne)

LES SOLDATS CITES

Soldat Fiche de décès

Raymond PARRUITTE
tué à l’ennemi le 20 février 1915
aux EPARGES (MEUSE)

Honoré sur le monument aux morts de St ERME

Ernest CENS
tué à l’ennemi le 2 juillet 1915
au BOIS DE LA GRURIE (MARNE)

Honoré sur le monument aux morts de St ERME

ROUILLON (son copain de CHERMIZY)
tué à l’ennemi le 27 septembre 1916
à BOUCHAVENNE (SOMME)

Anatole DIDIER

Fernand EVRARD

Marcel(NDR : EVRARD?)

LENOIR Maurice du 25ème Régiment d’Artillerie

LES REGIMENTS CITES

25ème Régiment d’Artillerie

54ème Régiment d’Infanterie

106ème Régiment d’Infanterie (régiment de Maurice GENEVOIX)

132ème Régiment d’Infanterie 1er, 2ème et 3ème bataillon

301ème

LES PERSONNES CIVILES CITEES

Ses Parents :

Léon Adolphe LEDOUX (1857->1914)

Lucie Mathilde Pacifique FOREST (1861-1938)

Ses frères :

Léon Louis LEDOUX dit Charles (1887-1960)

Albert Achille LEDOUX (1897-1979)

Lucien LEDOUX (~1900-1950)

Sa sœur :

Julia Clara LEDOUX dite Charlotte (1891-1944)

Les amis, voisins et relations :

Madame CAILLEAUX

Monsieur EMILE et sa femme

Monsieur MARTIN et sa femme

Monsieur l'abbé NOIRET (curé de St Erme de 1908 à 1951, décédé trés âgé à AULNOIS SOUS LAON (Aisne))

LES LIEUX CITES

Par ordre alphabétique

BEAUMONT EN VERDUNOIS / BETHELAINVILLE / BLERCOURT / BRAQUIS / BULAINVILLE / CONDE EN BARROIS / DAMVILLERS / DUAUCOURT / ERIZE LA GRANDE / ERIZE LA PETITE / FREMERIVILLE LES VALLONS / LA FERME D’AMBLONVILLE / LA FERME DE LA VAUX-MARIE / MESNIL SOUS LES CÔTES / MONTFAUCON D’ARGONNE / MOUILLY / PRETZ EN ARGONNE / RECICOURT / REIMS / REMBERCOURT AUX POTS / ROSNES / RUPT EN WOËVRE / SAINT ANDRE EN BARROIS / SEPTSARGES / TRANCHEE DE CALONNE / TRESAUVAUX

Par ordre chronologique du carnet de guerre (Les cartes ont été élaborées sur le site ViaMichelin)


Lieu Carte

BLERCOURT (2)

BETHELAINVILLE (7)

SEPTSARGES (19)

MONFAUCON D’ARGONNE (20)

RECICOURT (25)

RECICOURT (6)

BULAINVILLE (16)

CONDE EN BARROIS (28-26)

PRETZ EN ARGONNE (35)

REMBERCOURT AUX POTS (36)

REMBERCOURT AUX POTS (1)

ERIZE LA PETITE (19)

ERIZE LA GRANDE (17)

LA FERME DE LA VAUX-MARIE (21)

ROSNES (15)

ROSNES (3)

SAINT ANDRE EN BARROIS (8)

FREMERIVILLE LES VALLONS (16)

BEAUMONT EN VERDUNOIS (24)

BEAUMONT EN VERDUNOIS (2)

DAMVILLERS (6)

DUAUCOURT

BRAQUIS (15)

RUPT EN WOËVRE (21)

RUPT EN WOËVRE (10)

MOUILLY (13)

MESNIL SOUS LES CÔTES (6)

TRESAUVAUX (22) (vue satellite)

TRANCHEE DE CALONNE (7-15)

LA FERME D’AMBLONVILLE

carte de déplacement du 132ème RI